Loi Montagne 2026-2027 : ce qui est vraiment obligatoire
La réponse courte : du 1er novembre au 31 mars, dans 34 départements, votre véhicule doit soit porter quatre pneus hiver marqués 3PMSF, soit transporter des chaînes ou des chaussettes à neige capables d’équiper au moins deux roues motrices. Vous avez le choix entre les deux. Et contrairement à ce qu’on lit partout, l’amende de 135 € n’est pas verbalisable aujourd’hui — ce qui ne veut pas dire que vous ne risquez rien.
Du 1ᵉʳ novembre au 31 mars, chaque année
Les dates ne bougent pas. L’obligation court du 1er novembre au 31 mars, quelle que soit la météo. Il peut faire 15 °C et grand soleil le 2 novembre : si vous roulez dans une zone concernée sans équipement, vous êtes en infraction.
C’est le décret n° 2020-1264 du 16 octobre 2020, pris en application de la loi Montagne II de 2016, qui fixe ce cadre. Il est entré en vigueur le 1er novembre 2021. L’hiver 2026-2027 sera donc le sixième.
Où exactement : 34 départements, pas la montagne en général
Le décret concerne les communes situées dans les massifs des Alpes, des Pyrénées, du Massif central, du Jura, des Vosges et de Corse. Mais l’obligation ne s’applique pas automatiquement : chaque préfet décide, pour son département, quelles communes sont couvertes.
Résultat : sur 48 départements éligibles, 34 ont pris l’arrêté. Et à l’intérieur d’un département concerné, toutes les communes ne le sont pas forcément.
Deux conséquences pratiques. D’abord, vous pouvez traverser un département « de montagne » sans jamais entrer dans une zone soumise à l’obligation. Ensuite, un panneau planté au bord de la route vous indique l’entrée et la sortie de zone — c’est lui qui fait foi, pas votre intuition géographique.
La liste complète est sur notre page dédiée : les départements concernés par l’obligation.
Ce qui est accepté : deux options, pas trois
Le texte vous laisse le choix entre deux solutions, et une seule des deux suffit.
Option 1 — quatre pneus hiver marqués 3PMSF
Quatre pneus, pas deux. Ils doivent porter le marquage 3PMSF : un pictogramme de montagne à trois pics avec un flocon à l’intérieur, moulé dans le flanc. Ce marquage certifie un niveau minimal d’adhérence sur neige, mesuré selon une procédure européenne.
Les pneus « toutes saisons » sont acceptés à condition qu’ils portent ce même marquage. Beaucoup l’ont ; certains non. Regardez le flanc, pas l’étiquette du vendeur.
Option 2 — des dispositifs amovibles dans le coffre
Chaînes métalliques ou chaussettes textiles, peu importe, à condition de pouvoir équiper au moins deux roues motrices. Elles n’ont pas besoin d’être montées : il suffit de les avoir à bord.
C’est la différence majeure entre les deux options. Les pneus hiver s’achètent, se montent et se démontent deux fois par an. Un jeu de chaussettes reste dans le coffre du 1er novembre au 31 mars sans que vous y pensiez, et ne sert que le jour où la route blanchit.
Ce qui n’est plus accepté depuis novembre 2024
Le marquage M+S seul ne suffit plus. Pendant les trois premières années, une période transitoire l’autorisait. Elle s’est terminée le 1er novembre 2024.
Si vos pneus portent « M+S » sans le pictogramme montagne-flocon, ils ne comptent plus. C’est le point sur lequel le plus d’automobilistes se croient en règle alors qu’ils ne le sont plus.
La sanction : ce qui est vrai, et ce qui est répété à tort
Vous lirez partout qu’une amende de 135 € vous attend. C’est ce que prévoit le dispositif. Ce n’est pas ce qui s’applique aujourd’hui.
Interrogé au Sénat, le gouvernement a répondu, dans une réponse publiée le 12 février 2026, que « depuis l’origine, la mesure a été appliquée de manière pédagogique, sans sanction », et que la mise en place d’une sanction « nécessite le recours à un décret » — décret qui n’a pas été publié.
Autrement dit : le montant existe sur le papier, la base juridique pour verbaliser, non. Nous avons détaillé ce point dans un article à part : l’amende de 135 €, ce que dit vraiment le texte.
Alors on risque quoi, concrètement ?
Trois choses, et elles sont plus gênantes qu’une contravention.
- On peut vous refuser le passage. En cas d’épisode neigeux, les forces de l’ordre filtrent les accès. Sans équipement, vous faites demi-tour. Un dimanche soir de retour de vacances, c’est la soirée qui bascule.
- Votre assureur peut s’en servir. En cas d’accident sur route enneigée sans équipement conforme, l’absence de matériel obligatoire peut être analysée comme une négligence et peser sur l’indemnisation.
- Vous restez sur place. C’est la vraie sanction : une côte à 6 % sur route verglacée, et vous ne passez pas. Personne ne vous verbalise. Vous êtes juste bloqué.
Ce qu’il faut faire, dans l’ordre
- Vérifiez votre trajet, pas votre département. Une seule commune en zone suffit à vous obliger.
- Regardez le flanc de vos pneus. Pictogramme montagne-flocon présent sur les quatre ? Vous êtes en règle, rien à acheter.
- Sinon, choisissez le dispositif amovible. Chaînes si vous montez régulièrement en altitude et sur neige épaisse ; chaussettes si vous passez occasionnellement, ou si vos passages de roue sont serrés. Nous avons comparé les deux sans complaisance : chaussette à neige ou chaîne, laquelle choisir.
- Relevez votre dimension sur le flanc du pneu, et commandez exactement celle-là. Trois nombres à lire : comment lire la dimension de vos pneus.
- Mettez-les dans le coffre en octobre, pas le matin du départ.
Notre catalogue couvre 35 dimensions, du 165/65 R14 au 245/45 R19 : voir les dimensions disponibles.
